CPI: S'ILS SONT MIS EN LIBERTÉ

Gbagbo et Blé Goudé auront du mal à revenir immédiatement dans leur pays, s'ils recouvrent la liberté

Côte d'Ivoire- L'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo et son ex-ministre de la jeunesse, Charles Blé Goudé, maintenus en détention nonobstant leur ''acquittement'' et leur mise en ''liberté immédiate'' prononcés par la majorité (deux sur trois) des j

CPI: S'ILS SONT MIS EN LIBERTÉ

Pourquoi Gbagbo et Blé Goudé ne viendront pas en Côte d'Ivoire avant 2020

 

Côte d'Ivoire- L'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo et son ex-ministre de la jeunesse, Charles Blé Goudé, maintenus en détention nonobstant leur ''acquittement'' et leur mise en ''liberté immédiate'' prononcés par la majorité (deux sur trois) des juges de la chambre préliminaire 1, le mardi 15 janvier 2019, sont loin d'être au bout de leurs difficultés.

Après l'audience prévue pour le 1er février prochain, suite à l'appel interjeté par le bureau du Procureur, les deux détenus pour ''crimes contre l'humanité'', ne pourront pas, de si tôt, foulé le territoire ivoirien, si d'aventure, leur acquittement est confirmé en appel.

C'est que, outre la condamnation de Laurent Gbagbo par contumace, à 20 ans de prison, par la Cour d'Assises d'Abidjan, dans le cadre du casse de la Bceao au Plateau, celui-ci devra faire face à la détermination de victimes de la crise postélectorale de 2010-2011.

Ces victimes, a-t-on appris, s'organisent pour mettre la pression sur les autorités ivoiriennes, afin de les décider à proclamer l'ancien chef de l'État et l'ex-chef des jeunes patriotes, persona non grata en Côte d'Ivoire.

Par ailleurs, les autorités ivoiriennes, qui avaient ''pris note'' de la décision des juges de la chambre préliminaire 1 de la Cpi, sont désormais habitées par une méfiance quant à un retour de Gbagbo et Blé Goudé sur les bords de la lagune ébrié. Leur méfiance qui pourrait certainement se muer en réticence, est consécutive aux scènes observées après l'annonce de l'acquittement des deux détenus, et aussi aux propos tenus par des responsables du Front populaire ivoirien (Fpi), le parti de Gbagbo. Notamment, la première vice-présidente, Simone Gbagbo, l'épouse de l'ancien président ivoirien, qui a quasiment raillé le pouvoir en place, refusant de reconnaître la part de responsabilité de Laurent Gbagbo et Blé Goudé, dans les 3000 morts enregistrés lors de la crise postélectorale.

Par ailleurs, le triomphe pas du tout modeste, les partisans de Laurent Gbagbo-qui avaient des raisons d'être heureux-, se sont adonnés à des menaces verbales inquiétantes à l'endroit des partisans du chef de l'État Alassane Ouattara, du genre, ''Gbagbo revient, on va chasser tous ces étrangers au pouvoir, pour mettre les vrais Ivoiriens''. Beaucoup de propos hostiles au régime en place, qui les considère désormais comme des menaces à prendre très au sérieux.

De ce qui précède, les autorités ivoiriennes se retrouveraient en droit de ne pas autoriser l'entrée en Côte d'Ivoire, avant les élections de 2020, de Laurent Gbagbo et Blé Goudé. Elles pourraient évoquer, une raison d'État ou la nécessité de préserver la paix face à d'éventuels affrontements sanglants entre les partisans de Gbagbo-Blé Goudé et ceux d'Alassane Ouattara. Mais aussi les victimes de la crise postélectorale, qui sont révoltées contre l'acquittement des deux pensionnaires de la Cpi.

Si donc, une mise en liberté immédiate par la Cpi de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé est encore possible, en revanche, leur retour immédiat en Côte d'Ivoire, n'est pas du tout évident. Il prendra indubitablement du temps, et pourrait se transformer en cauchemar pour les deux figures emblématique de l'ancienne Lmp (la majorité présidentielle) en Côte d'Ivoire.

 

KUYO Stéphane