FRANCE/ MOUVEMENT DE CONTESTATION DES «GILETS JAUNES»

Emmanuel Macron a fait des propositions de sortie de crise

Pour la première fois, le président français, Emmanuel Macron s'est officiellement prononcé dans un discours, ce mardi 27 novembre 2018, sur le mouvement de contestation des "Gilets jaunes"

FRANCE/ MOUVEMENT DE CONTESTATION DES «GILETS JAUNES»

Macron expose sa «méthode» pour une «écologie populaire»

Dans un discours d'une heure à l'Élysée, le chef de l'État a dit vouloir entendre «les protestations d'alarmes sociales» qui s'expriment, «sans (toutefois) renoncer» à «l'alarme environnementale».

C'est la première fois qu'il répond. Alors que la récente hausse du prix des

carburants a déclenché un important mouvement de contestation qui s'exprime,

depuis une dizaine de jours, sous la bannière des «gilets jaunes», Emmanuel

Macron est sorti de son silence ce mardi. En introduction de son grand discours

d'une heure sur la «présentation de la stratégie et de la méthode pour la transition

écologique», le chef de l'État a reconnu que son intervention prenait «évidemment

un écho particulier» dans la période actuelle.

 

«Depuis plusieurs semaines, un mouvement de contestation (...) grandit dans le

pays. Ce mouvement a donné lieu à des manifestations importantes, et aussi à des

violences inacceptables dans l'Hexagone comme dans les Outre-mers. Je veux ici

dire que je ne confonds pas ces actes inacceptables avec les manifestations sur

lesquelles ils se sont greffés. Je ne confonds pas les casseurs avec nos

concitoyens qui veulent faire passer un message», a-t-il expliqué, alors que

plusieurs ministres avaient jusqu'à présent assimilé une partie des manifestants à

des «chemises brunes» ou à des «séditieux» d'extrême droite.

 

S'il entend «changer de méthode», le président a martelé qu'il ne fallait «pas

changer d'avis, pas changer la vérité, et pas changer de cap» pour autant. Outre

ses annonces en matière d'énergie et de nucléaire, Emmanuel Macron a donc

annoncé le lancement d'une «grande concertation de terrain sur la transition

écologique et sociale» qui doit permettre, «dans les trois mois qui viennent»,

d'élaborer des «solutions» et des «méthodes d'accompagnement». «Ainsi, des

représentants des “gilets jaunes” (pourront), dans chaque région, y prendre part et

proposer des solutions (pour sortir) de la dénonciation réciproque».

                       «J'entends la grogne»

Renouant avec son traditionnel «en même temps», le chef de l'État s'est engagé à

«entendre les protestations d'alarme sociale sans renoncer à (ses) responsabilités

(...) parce qu'il y a aussi une alarme environnementale». «Les inégalités sociales

et territoriales que nombre de nos concitoyens dénoncent à juste titre sont bien

souvent doublées d'inégalités environnementales», a-t-il ajouté. Selon lui, ceux

qui «disent que “ce sont toujours les mêmes qui font des efforts” ont raison», car

ils ne sont «pas les auteurs mais les premières victimes» des politiques qui les ont

plongés dans leur situation «depuis des décennies».

 

Pour Emmanuel Macron, «nos concitoyens expriment depuis quelques jours la

crainte (d')être laissés pour compte» et de «payer la transition énergétique sans en

bénéficier». «Cette crainte, je ne peux que la comprendre et la partager», a-t-il

assuré. Affirmant que «tout est mis en œuvre pour accompagner socialement la

transition écologique», il a dit vouloir «que l'écologie à la française puisse être

une écologie populaire» et pas «un sujet d'urbains et de bobos». «J'entends la

grogne», a-t-il poursuivi, s'engageant à «traiter» la question «des fins de mois»

sans négliger celle de «la fin du monde».

                         «Je ne me déroberai pas»

Exhortant les acteurs concernés à «apporter des réponses concrètes plus

rapidement et plus fortement», il a cité le «chèque énergie» pour démontrer que

lorsqu'un outil n'est «pas assez concret, pas assez tangible ou pas assez simple, les

gens ne l'utilisent pas». «La méthode (que je propose consiste) en quelque sorte à

bâtir une véritable transition qui soit un agenda de solution et un agenda de

protection», a-t-il glissé. «À l'issue des trois mois (de consultation), s'il faut revoir

(des choses), je suis prêt à les revoir avec le premier ministre», a-t-il lâché.

 

Il a ensuite estimé que «la crise que nous connaissons ne se limite pas aux prix

des carburants». «En face de ces sentiments, (voire) de ces ressentiments, je ne

me déroberai pas. (...) Je crois comprendre très profondément les colères sourdes,

les rancunes et les rancœurs de nos concitoyens devant un pouvoir qu'ils sentent

loin d'eux. (...) Ceci vient de loin. Je considère qu'il fait partie de notre devoir, et

au premier titre du mien, d'apporter une réponse. (...) Ce qui a été dit doit être

entendu plus profondément», a-t-il détaillé, plaidant pour une «conversion

mentale de tous les décideurs à laquelle nous devons arriver».

 

Source : LE FIGARO